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 Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /

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Connor Strickland
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MessageSujet: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mar 17 Fév - 14:24

Je déteste ce jour. Chaque année, je ressens la même chose, en plus douloureux à chaque fois. Cette date était avant que tu partes, une si belle journée. Celle de ton anniversaire, celle où tout devait être parfait pour te faire plaisir. C'était tout simplement ta journée et j'aimais faire en sorte que ma femme soit comblée. Tes anniversaires à mes cotés, ils étaient tous plus spéciaux les uns que les autres. C'était des purs moments de bonheur. Ainsi depuis ton départ, chaque fois que cette date arrive, j'ai plus le coeur à rien. Je ne peux m'empêcher d'être triste. Tu me connaissais si bien, tu savais à quel point j'aimais ma famille et notre si petite Melody. Tu savais que ce n'était pas facile pour moi de jongler avec le travail mais tu savais ce qu'il en était, tu ne m'en voulais jamais. Ma Sharon, tu me manques terriblement surtout dans des jours comme celui-ci. Des jours où j'aimerai que tu sois là, avec moi. Des matins où ton absence est plus difficile à accepter que d'autres. Ce matin, le lit était encore terriblement vide. La salle de bain où certaines de tes affaires sont encore là, je me refuse à toucher à ton parfum. Cette étagère a toujours été sa place. Je ne sais jamais si ma chemise est assortie à ma veste de costume, si mes cheveux sont pas de travers. Je ne sais plus comment naissait ton sourire lorsque tu me regardais me préparer pour aller travailler. Les mots me manquent pour te dire le vide qui t'a remplacé dans ma vie. Aujourd'hui est un jour si particulier, tellement particulier que je n'ai le coeur à rien.

Lorsque je marche vers l'endroit où tu reposes aujourd'hui, l'immense bouquet de roses dans ma main contemple le sol. J'arrive près de toi, je change les fleurs de la semaine dernière par celles d'aujourd'hui. Le bouquet d'aujourd'hui est plus gros, plus spécial, c'est ton anniversaire. Mes doigts secs caressent ton prénom inscrit en relief. Je suis terriblement pensif, accroupi auprès de toi. Une fine brise s'engouffre dans ma veste. La neige commence à fondre autour de nous. Il fait un froid immense mais rien n'est aussi froid que la pierre que je caresse. Sharon, tu étais si brillante, si belle. Je n'ai jamais été un père génial mais sans toi à mes cotés, je suis encore pire que ce que je craignais. Je ne sais comment faire pour avancer, pour arranger les choses. Si seulement tu pouvais m'y aider, ma femme, ma merveille, mon cadeau du ciel. Je donnerai tout pour que tu sois là à ma place aujourd'hui, toi, tu te serais bien occupée de notre fille. J'ai l'impression d'avoir passé des années auprès de toi dans ce cimetière, j'y viens tellement souvent. Je sais qu'un jour, j'y serais aussi éternellement. Je ne sais pas si je fais les bons choix, si je dois continuer ma vie dans ce sens où si je dois avoir une véritable discussion avec Melody. Je ne sais même pas si discuter pourrait servir à quelque chose. Ce qui est fait est fait n'est ce pas ? Moi, j'ai pas été à la hauteur pourtant je l'aime plus que tout au monde. Comment ces deux choses les plus contraires sont-elles possible ? Je pensais qu'il était simple d'être père, qu'il suffisait d'aimer. C'est bien plus compliqué, je ne sais pas comment il faut faire. Que faut-il faire de plus ? De moins ? De mieux ?

J'arrange tes roses Sharon, elles sont si magnifiques et elles vont encore s'ouvrir. Tu adorais les fleurs, il y en avait toujours à la maison. Dans le jardin, tout était si bien entretenu, si beau. Avec toi à mes cotés pendant ces dernières années, je sais que la vie aurait été différente. Seul, je ne sais pas où aller, je ne sais pas quoi faire pour trouver la bonne route. J'ai plus envie de rien parfois car je me dis que quoique je fasse, je ne parviens pas à faire ce que je désire. Si tu voyais notre fille, elle te ressemble tellement et pourtant, elle a mon caractère d'ours mal léché tu sais. Alors que je nous imagine tous les trois, des craquements dans la neige me détache de mes pensées. Je ne me tourne pas car je ressens une présence connue. Je ferme les yeux comme pour chercher mon courage. Peut-être croit-elle que je ne sais pas qu'elle se trouve juste derrière moi. Je dépose de nouveau ma main sur le marbre foncé, me relevant en même-temps. Regardant de nouveau le prénom de ma femme, je trouve le courage de prononcer quelques mots.

- Ma fille...


J'ose enfin me retourner et je découvre le visage de Melody. Un léger sourire apparaît sur mes lèvres bien que mes yeux soit plein de tristesse.

- Tu n'as pas oublié toi non plus.

Je me sais maladroit mais je n'ai jamais su lui parler. Que voulez-vous la vie c'est pas comme dans les films. J'aimerai avoir le talent d'un papa. Même des acteurs savent mieux jouer le rôle que moi.

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Melody Strickland
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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mar 17 Fév - 22:49

La routine est une mauvaise habitude à laquelle je suis abonnée. Tant bien que, j'éteins le réveil avant même qu'il sonne. Il est 5h55 et je m'extirpes du lit pour me diriger à la cuisine où un café fraichement coulé m'attend. La hanche appuyée au comptoir lunch, je feuillettes le journal de la semaine dernière que je n'ai pas encore eux le temps de lire, de l'autre main, je portes la tasse de liquide bouillant à mes lèvres. Je ne suis jamais totalement réveillé avant que la caféine fasse son effet. De toute façon, j'ai un peu de temps devant moi, je ne dois pas être au travail avant 8h00 ce qui me laisse encore 2 longues heures pour me doucher, m'habiller, déjeuner, faire un peu de ménage et prendre le chemin du travail. En tournant la page du quotidien, la date attire mon regard : 13 février 2015. Non, il n'y a rien de spécial ce jour là, par contre : quelle date sommes-nous aujourd'hui? Je glisses mon doigt dans l'écran de mon téléphone intelligent et l'horaire du jour s'affiche. Dans ma poitrine, mon coeur se tord alors que je réalises quel date nous sommes. Je regardes l'heure, si je me dépêches, peut-être que j'aurai le temps de m'arrêter la voir quelques minutes avant le début de la journée. Ce midi peut-être? Impossible, j'ai une rencontre avec l'escouade policière de Woodburry à propos de l'affaire Mendoza.

Ma tête part en vrille, j'oublie mon café sur le comptoir et me dirige à la salle de bain. En moins d'une demie-heure, je laves et me fais une mise en plie digne du salon de coiffure grâce à mon fer lisseur. Je disparais dans la chambre et en ressort habillée d'un tailleur marine, une jupe, une blouse blanche que j'avais repassée la veille. Je m'arrêtes devant le miroir de l'entrer, enfilant en même temps mon manteau en laine noir. Je glisses les clefs de ma voiture dans ma poche, entoure mon cou d'un foulard neutre et insère mes doigts dans mes gants de cuirs. Je suis prête, top chrono, il n'est que 7h00, j'ai une heure devant moi avant ma rencontre avec le début du procès sur lequel je suis de service aujourd'hui.

Je retrouves ma voiture dans la stationnement sous-terrain de l'immeuble, une Audi RS7 grise foncée. Ma destination n'est qu'à quelques quartiers et si j'ai bien calculé, j'y serais d'ici moins de 15 minutes. Entre-temps, je joins ma secrétaire avec le bluetooth afin qu'elle prépare mes affaires, je risques d'être coincé dans le temps et son coup de main m'épargnera un temps précieux. Je la remercie une dizaine de fois avant de raccrocher après m'être stationnée. Je lèves le regard sur le paysage hivernale grisâtre qui gît devant moi. À la recherche de courage, j'inspire profondément et me permet de m'évader dans mes souvenirs. C'est la gorge serrée que je m'extirpes du confort de mon véhicule. Il fait froid, humide et le vent nous mord les joues. Je marches, en laissant l'air glacé venir bruler mes poumons. C'est ce qu'on appel un dur retour à la réalité. Chaque année, c'est la même histoire, je me revois, penchée au dessus d'un immense trou dans lequel le cercueil de ma mère se dépose doucement. Comme pour m'achever, mon père y jetait une gerbe de fleures, les préférés de maman, des roses. À l'époque, je n'avais pas compris que la vie serait si différente après son départ. On se promet de ne jamais oublier, mais le temps passe et les souvenirs deviennent moins douloureux.

Les tombes défilent les unes après les autres, le cimetière est vide ou presque. Au moment où je passes le grand chêne, je le vois, debout devant elle, il lui parle mais je n'entends rien d'ici. Je m'arrêtes, regarde derrière moi et me fait violence pour ne pas faire demi-tour. Pourquoi est-il là si tôt? Il n'aurait pas pu se pointer à une heure normale et m'éviter les formalités familiales ce matin? Non! Je soupires intérieurement et décides de m'approcher. D'un pas lent, je finis par me tenir à quelques mètres derrière lui. Mon regard son pose sur la pierre tombale où il est écrit : En souvenir d'une épouse et mère formidable.

C'est sa voix qui m'attire hors de ma contemplation, je me redresses alors qu'il affirme que je n'ai pas oublier. Je n'oublie jamais! Pas comme toi! Lui répondais-je subconsciemment, toutefois, à l'extérieur, je suis stoïque, inébranlable tel mon métier me l'exige.

"Connor... "

J'inspire profondément et m'avance vers lui en gardant tout de même une distance confortable entre nous.

"C'est son anniversaire... comment peut-on oublier un anniversaire?"


Avais-je finalement répondu avec un ton plein de sous-entendu et politesse. Puis, j'ajoutais immédiatement de quoi lui faire comprendre que je ne suis pas là pour discuter avec lui.

"Je ne croyais pas que tu serais là à cette heure..."

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mer 18 Fév - 18:11

Tu vois Sharon, qu'est ce que je te disais ? Notre fille, aussi belle et avec une grande prestance. Tout sa mère il y a des années, lors de notre première rencontre. Cependant tu vois où est mon problème ? Cette épaisse barrière entre elle et moi, ces graviers dans sa voix. Je ne pense pas que je puisse faire quoique ce soit contre tout ça. J'ai pas été à la hauteur, souvent, peut être même un peu trop souvent. Pourtant, j'ai toujours essayé de bien faire et c'est bien là le pire. Plus j'essaye, plus je réfléchis et je tente de choisir mes mots, plus c'est pire. Je la sens si lointaine, si dure et si brisée à la fois. J'ai vraiment pas la recette pour arranger les choses, essayer les aggrave et ne rien faire ? Oh je ne sais pas Sharon, peut être que je devrai ne plus rien faire et laisser les choses se faire toutes seules. Puis après je pense à toi, à la façon dont tu t'es toujours battue dans ce monde et je me dis que j'ai pas le droit d'abandonner quand toi, tu as pu te battre de la sorte. Alors que suis-je censé dire à notre Melody ? Tu l'entends comme moi Sharon, elle m'en veut terriblement et reste pourtant si distante. Ce terrible mélange est assez dur à se prendre en pleine tronche lorsque l'on est papa. Ah franchement, je sais pas, j'ai jamais eu l'art et la manière avec les femmes. Tu es la seule qui savait me comprendre. Il est normal que notre fille m'en veuille, c’est l'intensité avec lequel elle le fait qui est dure à vivre. Tu vois elle me parle comme si j'étais un monstre qui n'a jamais été là pour elle. C'est tout de même pas si vrai. Elle en veut terriblement à mon travail, je n'y peux rien... Je n'y peux plus rien en tout cas. Si seulement elle savait comment on s'est rencontré tout les deux, grâce à mon travail. Oui sans ce travail si occupant, elle n'aurait jamais vu le jour. Tu penses que je dois lui dire ? Oh et puis ça ne sert à rien. C'est trop tard.

- Je passe toujours très tôt ou très tard.

Oui elle pourra faire la liaison logique de ma présence matinale ou tardive avec mon travail. Encore une fois il s'agit de mon travail, oui je disponible que très tôt ou très tard à cause du boulot. C'est étrange car elle, elle est aussi ici très tôt ce matin. Serait-ce avant le travail ? Tu vois Sharon, c'est ça qui me gonfle le plus ! Elle fait comme moi et elle me regarde avec son regard piquant et ses magnifiques yeux. L'air de dire tu travailles tout le temps, tu ne fais que ça, tu oublies tout, toujours tout. La preuve que je n'oublie pas tout, je suis là pour ton anniversaire ma Sharon. J'suis comme ma fille, sur ta tombe, je ne laisse rien paraitre. J'étais précédemment triste de venir te déposer ce bouquet et maintenant j'suis inerte, inexpressif, le regard vide entrain de parler à mon propre sang. J'ai même l'impression que je dérange, j'ai qu'une envie, partir et c'est ce que je fais. Quelques pas et je m'éloigne de toi Sharon, je reviens la semaine prochaine et tu le sais. Je glisse un court regard vers ma fille et avec autant de politesse et de distance qu'elle j'ajoute quelques mots. L'air est si lourd.

- Je te laisse à ta mère Melody. Prends soin de toi.

Sans attendre quoique ce soit, je quitte les lieux. Sans un seul regard, je fais le même chemin, marchant dans les empreintes de pas de ma fille. Je disparais derrière le gros chêne et m'avance maintenant vers le parking. Les yeux au sol, je retrouve rapidement la voiture avec laquelle je suis venu jusqu'ici. Une berline fédérale de fonction que j'utilise quelques fois dont aujourd'hui. De mauvais poil, je monte derrière le volant, démarre et enclenche la marche arrière. Soufflant, je ne regarde même pas dans mon rétroviseur et entre de plein fouet dans la portière arrière d'une voiture grise.

- PUTAIN !

Un coup d'oeil dans le rétroviseur, je donne un coup de mes deux mains sur le volant de ma voiture et j'avance de nouveau. Je sors enfin du véhicule pour constater les dégâts et je remarque que la portière est bien enfoncée, c'est que de la tôle mais quand même. Alors que je contacte le bureau pour me renseigner sur la plaque du véhicule afin de pouvoir m'adresser directement à la personne concernée j'ai la terrible surprise d'apprendre que cette Audi est celle de ma fille. Complètement abattu, je m'appuie sur le capot de ma Dodge. Je sais que je n'ai plus qu'à l'attendre sur le parking. Je passe mes deux mains sur le visage alors que je crois la voir apparaître sur le chemin du retour. Ainsi, je reprends mon air sérieux et détaché. J'en fais vraiment pas une de bien !

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Melody Strickland
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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mer 18 Fév - 19:39

L'hiver à Woodbury était plus que froid, voir glaciale et après cet échange avec mon père, l'ambiance n'allait pas se réchauffer. Comme quoi, il ne désirait pas d'avantage discuter, il s'en allait déjà. Pas surprenant! Puis, je n'allais pas le retenir, j'ignorais s'il était ici depuis longtemps ou si comme moi, il venait tout juste d'arriver. Dans n'importe quel cas, il devait avoir d'autres chats à fouetter. Comme moi, le boulot devait l'attendre et s'il restait trop longtemps, il serait en retard. En guise de salut, je lui fis un petit sourire du coin des lèvres, hochant la tête : Je prendrais soins de moi! Je suis une grande fille maintenant, j'y arrive bien depuis des années. Comme s'il s'en préoccupait vraiment.

"Bonne journée!"

Lui avais-je gentiment dis, sans plus. Pouvait-il espérer plus? Oui, je voyais bien son air de chien battu, mais je n'ai pas le temps de réparer les ponts brisés aujourd'hui. Je le laisses partir et m'avance vers elle, cette pierre couverte d'une fine couche de givre couverte de ce bouquet de fleures qui commence déjà à se mourir du froid. Je baisses le regard sur les écriteaux, puis sur les pas dans la neige... ceux de mon père. Il a toujours eux d'énormes pieds. Je me rappelles de quand tu étais toujours là, quand nous allions marcher tous les trois jusqu'au parc. J'aimais sauter, un pied à la fois, dans les traces qu'il faisait devant nous. Je le rattrapais et m'accrochais à sa main, l’incitant à me prendre, à marcher plus vite, à courir, à jouer, à faire la course jusqu'au prochain lampadaire... Tout ça maman, c'était bien avant que tu sois malade et que tu nous quittes. Je ne me rappelais pas une seule fois où, après ton départ, nous aurions été au parc. Jamais il n'avait eut le temps d'y retourner après ça.

Je suis plongé dans mes pensés, je laisses les souvenirs embrasser ma mémoire et un sourire nostalgique s'amorce sur mes lèvres. Tu me manques! Je me demandes qu'est-ce que tu dirais en nous voyant aujourd'hui. Nous avons tellement changé tous les deux, papa à les cheveux gris, moi, j'ai bien grandis, on dit que je te ressembles. Pourtant, je ne trouves pas, nous sommes très différente, je manques de tolérances et je ne sais pas pardonner, je ne suis pas celle que tu aurais voulue que je deviennes.

Je profites du silence pour me recueillir mais brutalement, le bruit d'un impact vient me tirer de ma contemplation. Je sursautes, me retourne, d'ici, je ne peux pas voir qu'est-ce qui se passe. Mon coeur se tord, papa? J'espère qu'il n'a rien. Je te laisses derrière moi, je reviendrai, je ne sais pas quand et me précipite vers le stationnement. Je le vois, s'appuyer sur sa bagnole, l'air dévasté. Non de dieu? Il est ivre ou quoi? Il n'y a qu'une seule voiture dans le parking, la mienne, et il arrive à en faire sa cible? Soupirant, je prend mon téléphone dans mon sac et appelle ma secrétaire en m'approchant du lieu de l'impact pour constater les dégâts. D'ici je vois déjà que la portière est renfoncée, le pneu avant est bloqué par la tôle froissée et cela ne fait aucun doute que je ne pourrai pas être à l'heure au travail.

"Oui, c'est encore moi! Il faudrait retarder l'audience, j'ai un soucis avec ma voiture, je ne sais pas si je pourrai être là à l'heure, rien de grave, personne de blessée du moins, je te rappelles dès que je sais quand j'arriverai! Merci. À tout de suite..."


Je ranges le smartphone dans le fond de ma poche et m'arrête de marcher à quelques pas des voitures. Une chance, il n'a rien, c'est plutôt ma voiture qui écope de tout le mal.

"Tu n'es pas blessé?"


Finis-je par demander, pour la forme parce qu'il me semble en bien meilleur était que ma Audi. Je prends pour acquis qu'il a déjà avisé le service de police afin qu'un agent se présente pour faire le constat.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mar 24 Fév - 19:20

Malheureusement pour moi c'est bien elle ! J’aperçois sa crinière blonde et sa démarche si particulière. Un peu sa mère lors de notre première rencontre. Les souvenirs sont tellement présents lorsque ma fille est près de moi. Tellement voir un peu trop, ce qui fait que j'ai du mal à agir correctement à son contact. La colère qu'elle éprouve à mon égard ne m'aide pas à trouver la bonne voie. Au contraire, être confronté au fait qu'elle m'en veuille me renforce dans mon attitude distante et détachée. Sans doute doit-elle encore penser que je me fiche de tout à commencer par elle. C'est tellement pas le cas mais je n'ai pas les clés pour réagir face à ses attaques. Je préfère rester silencieux et faire comme si tout cela ne me faisait rien du tout. Ça ne doit pas paraitre très réaliste ni même très crédible mais c'est la seule technique que j'ai trouvé pour tenter de garder un peu d'allure et surtout un semblant de dignité. Alors que je m'agace devant ma propre connerie, elle se rapproche très rapidement du parking et de nos deux véhicules. Comment j'ai pu faire pour reculer en plein dans sa voiture ? Non mais sérieusement j'enchaîne vraiment les idioties lorsqu'elle est près de moi. Je suis juste sur les nerfs et désorienté et cela même si j'affiche une sérénité de façade. Tout cela n'est qu'apparence car je suis vraiment touché de ce qui se passe entre Melody et moi. Plutôt de ce qui ne se passe plus entre elle et moi. Nos relations ne sont vraiment plus ce qu'elles étaient et j'ai l'impression que de son coté, le fossé est encore plus grand.

Finalement elle arrive à ma hauteur et constate les dégâts sur son véhicule. Punaise on a beau être assuré pour ce genre de trucs lorsque cela arrive ça fait toujours infiniment chié. Ça débouche sur de la paperasse, des coups de fil, des visites chez le garagiste, de l'attente et finalement du temps perdu pour réparer de la tôle froissée. De mon coté, c'est pas la première fois que ce genre de tuiles m'arrive avec un véhicule de fonction. Du coup, ça ne m'affecte pas plus que cela. C'est pas ma voiture et encore heureux d'ailleurs car je m'en serais voulu doublement d'une telle manoeuvre. Rapidement Melody prend contact avec son travail afin d'annoncer son retard. Je ne prends pas le temps de faire de même, aujourd'hui je bosse sur des dossiers au bureau. J'ai des procès-verbaux à revoir et ce n'est pas une heure de présence en plus qui va changer la donne. Surtout que je termine toujours mes journées avec des heures supplémentaires alors bon, on ne risque pas de venir me chercher des emmerdes avec un vilain retard dans ma carrière. Il est vrai que je prends un peu mes aises avec le boulot mais qu'est ce que vous voulez ça fait des années que je travaille au même endroit. C'est ma seconde maison.

Quelques courtes minutes s'écoulent et Melody se rapproche de moi, s'inquiétant même pour ma santé. C'est gentil de sa part même si je me doute que beaucoup de politesse se cache derrière sa question. J'étais quasiment à l'arrêt et j'avais même ma ceinture alors effectivement tout va très bien pour moi et je n'ai aucun problème à déclarer de ce coté là. Heureusement d'ailleurs car dans la liste des malheurs j'ai pas envie de m'en rajouter un supplémentaire concernant ma propre santé qui plus est.

- Non je vais bien, je te remercie. Je suis vraiment désolé, je regardais pas et j'avais la tête ailleurs.

J'essaye de me justifier même si je me rends compte que cet accident est complètement de ma faute et surtout très stupide. Il y avait qu'une seule voiture autre que la mienne et il faut que je rentre dedans comment vous dire ? C'est juste bête et incompréhensible. Le pire c'est que cette scène se déroule sur le parking du cimetière. À quelques pas de la tombe de ma femme et le tout très tôt en cette matinée glaciale. J'ai conscience que cela ne risque pas d'arranger mes relations avec Melody mais c'est pas comme si j'y pouvais quelque chose maintenant que j'ai fracassé son Audi. Je m'excuse de nouveau en regardant dans la direction de ma fille. Puis je fais quelques pas autour de la voiture de fonction, déposant mes mains quelques secondes sur le toit du véhicule. Le temps est subitement très long et l'ambiance assez lourde. On attends que l'agent se pointe et c'est pas gagné. J'ai bien envie de dire à ma fille que je peux régler la paperasse au bureau et que je lui enverrai le tout dès le lendemain. Autant s'arranger un peu ! À vrai dire je n'ose pas, je sais que rien de ce que je peux faire ne trouve grâce à ses yeux. Ainsi je préfère ne rien faire et attendre patiemment.

- Sinon ? J'ai vu que tu étais nommé sur une grosse affaire. Toujours aussi intéressant ton travail ?

Je sais que je ne suis pas le roi pour faire la discussion mais il s'agit de ma fille, c'est normal que je tente de faire quelque chose. Il faut au moins parler, nous n'allons pas attendre dans le froid et qui plus est dans un silence mortel. Vu le lieu, ça serait con. Vraiment con !

Tiens ne serait-ce pas l'agent qui débarque par la route principale là-bas ? Croisons les doigts.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Ven 27 Fév - 2:12

Évidement, tout ça, allait me mettre très en retard. Le procureur ne serait certainement pas content d'entendre dire qu'il allait devoir attendre une subordonnée. Probablement que j'arriverais au travail pour apprendre qu'il me retirait l'affaire ou, s'il était moindrement compréhensif, qu'il avait demandé à ce qu'on reporte notre rencontre. Dans tous les cas, je savais qu'il n'attendrait pas. On ne fait pas attendre ce genre de personne. Torturé entre l'envie de prendre un taxi et l'obligation de rester ici afin de régler tout ça comme il se doit, je ranges mon téléphone portable au fond de ma poche. C'est ma réputation que j'allais tâcher en arrivant pas à l'heure. Néanmoins, je ne suis pas en colère contre mon père, un accident, c'est un accident! Je ne pouvais tout de même pas penser qu'il puisse avoir fait exprès. Qui plus ait, il n'a pas l'air ravi de devoir rester ici, avec moi... toujours aussi froid, stoïque, certainement préoccupé par un tas d'autres affaires plus important que sa propre fille. Rien de nouveaux quoi! Je restes là, le regarde aller vers sa voiture patrouille, il s'y accoude et croise les doigts. Je le fixes du regard, muette, ignorant de quoi parler avec lui. Entre lui et moi, plus rien, mit à part notre sang, semble vouloir nous unir. Il pose son regard sur moi, je baisses le mien sur les dégâts de la voiture. Il est bien la seule personne sur terre de qui je ne supportes pas le regard. D'un coup, j'ai honte! Maman n'aurait jamais voulu nous voir de cette façon, et là, alors qu'elle se tient à quelques mètres, on fait les autruches, comme si rien était. Je hoche la tête à sa question. Il l'a probablement lu, ici et là, dans les quotidiens ou même au téléjournal de 5h00. Qui sait, parce que ce n'est pas moi qui lui ait fait l'éloge de mon travail. Est-il fière? Je n'oserais jamais lui demander, puis, je ne fais pas ça pour le rendre fière. Ce serait trop d'honneur à lui accorder.

Les secondes passent, le froid devient rapidement insupportable. J'enfouis mes mains au fond de mes poches et regarde par dessus mon épaule. Les flics! Ils ont toujours quelques choses de plus important ailleurs. On devrait probablement attendre plusieurs minutes encore avant de voir la lueur d'un gyrophare. Avec ce froid et cette neige, à l'heure de pointe, rien n'est en notre faveur. Je prends une longue inspiration, puis le regarde, trouvant le courage, à mon tour, de casser le silence.

"Tu sais ce que j'ai pensé quand j'ai vu le côté de la voiture enfoncée? Je me suis souvenu, de la fois où tu étais venu luncher à la maison. Je devais avoir 5 ou 6 ans, enfin, ce n'est pas important... tu devais repartir pour le travail et avant de partir, tu avais embrassé maman par la fenêtre, puis, tu avais reculé quelques mètres et frapper ma bicyclette. Je me rappelles comment maman avait hurlé en croyant que j'étais derrière la voiture, et la tête de fou que tu avais fais aussi en sortant de ta voiture... C'était il y a longtemps!"


Avais-je raconté, un petit sourire amusé aux lèvres. Du haut de mes 5 ans, la destruction de mon vélo avait été tout un drame. À l'époque, je ne comprenais pas la chance que j'avais eu de ne pas me tenir derrière la voiture au moment où mon père avait reculé. Même que ça m'avait prit quelques années avant de réaliser que ma mère n'avait pas crié pour mon vélo, mais plutôt en pensant que je venais de passer sous les roues de la Dodge. Nostalgique, l'envie de retrouver quelques souvenirs avec mon père se manifestait. J'ignorais si c'était une bonne idée ou non, s'il allait accepter ou pas, mais j'enchainais.

"Tu sais... je n'ai pas vraiment eu le temps de déjeuner ce matin et, il se trouve que je n'ai plus de véhicule pour me rendre au travail, et somme toute, je serai en retard quoi qu'il advienne. Maman aimait beaucoup les crêpes!"

C'était tout aussi maladroit que tout ce qu'il pouvait me dire. J'ignorais complètement comment l'introduire à un rendez-vous avec moi, ou plutôt, un petit déjeuner en tête à tête. À quand remontait la dernière fois où nous avions diner ensemble? 8? 9 ans?

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Sam 28 Fév - 15:11

Non je dois rêver car ce n'est pas un policier qui s'amène au loin. C'était bien une voiture de la police de l'État mais elle a tout bonnement continué sa route. Ainsi j'ai pas d'autres choix que prendre mon mal en patience, il va falloir que j'attende. C'est pas trop un problème car j'aurai pas de soucis avec le boulot mais l'idée de patienter dans le froid, les pieds dans la neige, c'est pas très agréable non plus. L'ennui c'est d'être face à Melody, je ne sais vraiment pas quoi lui dire et lorsque j'essaye de lancer une discussion, c'est le vide. J'ai beau lui parler de son travail, chose qui je pense l’intéresse, c'est sans effet. Elle reste silencieuse. Je sais vraiment pas comment m'y prendre avec ma propre fille, si c'est pas triste comme situation. Je préfère me montrer distant avec elle et elle doit croire que je m'en fiche. C'est pas le cas, c'est juste que dès que j'essaye de m'ouvrir à elle, elle me reproche quelque chose et donc on ne peut pas avancer dans le bon sens tout les deux. Résultat ? Ça me blesse et ça me force à me rendre compte de à quel point, j'ai rien réussi avec elle. C'est pas non plus comme si j'étais le pire père du monde et ça m'agace de n'avoir aucune reconnaissance. Certes je n'étais pas présent mais je n'étais pas non plus le monstre qu'elle doit imaginer. Non, elle préfère constamment jeter des froids et du coup je ne m'avance plus du tout vers elle, je préfère rester silencieux et lui paraître lointain. En étant distant, elle peut s'imaginer la même chose mais au moins ça me fait moins mal que lorsque j'essaye d'aller vers elle. Que voulez-vous ? J'arrive à un stade où j'essaye de me protéger.

Finalement lorsque je ne l'espérais plus, on dirait que Melody s'ouvre un peu à moi. Du moins, on peut dire qu'elle fait un effort pour se rapprocher de moi. Naturellement je me montre moins distant, je me rapproche d'elle rien que dans mon attitude. Je ne m'en rends pas forcément compte mais je suis plus proche d'elle, mes regards sont posés et je suis tourné vers elle. Elle me raconte une vieille histoire, un moment d'inattention de ma part dont je me souviens parfaitement. Le début de son histoire m'entraîne dans mes souvenirs et je revois cette scène. Elle la raconte si bien et quelque part cela me fait plaisir. Cependant, je pense de nouveau à Sharon et elle me manque atrocement. Toutes les journées auprès d'elle n'étaient que du plaisir et des bons moments. Même cette journée où j'ai écrabouillé la bicyclette de ma fille. Comme quoi j'ai toujours eu du mal à me concentrer lorsque je suis au volant et surtout lorsque je pense à autre chose qu'à la conduite. Je ne peux m'empêcher de sourire surtout lorsque je vois que Melody sourit légèrement en racontant cette histoire de son enfance. Ainsi tout naturellement, je rentre dans son histoire et commente à mon tour ce moment passé.

- Oui, j'avais eu tellement peur pour toi. Comme quoi, je suis vraiment pas doué pour les marches arrières.

J'ajoute cela avec un léger sourire, je m'amuse un peu de la situation en tentant de dédramatiser le tout. Elle est donc très longue la liste des trucs que je ne gère pas. La conduite c'est pas trop grave non plus par rapport à mon manque de présence auprès de ma Melody. En parlant d'elle, elle semble plus ouverte à la discussion et voilà qui me met du baume au coeur. J'en profite pleinement et me perds dans mes si bons souvenirs. Ma fille me tire de nouveau de mes pensées en me proposant quelque chose qui me surprend. Sa proposition est certes indirecte pourtant je la comprends très bien et du premier coup en plus. Je suis véritablement surpris et en plus de cela super content de cette idée. Un petit déjeuner avec ma fille, je n'imaginais même plus cela possible et le fait que ce soit elle qui le propose, c'est encore plus inattendu.

- Oui elle les adorait, elle en faisait le dimanche, tout le temps. Tu t'en souviens comment elles étaient bonnes ? On peut aller en manger si tu veux ? Avec du jus d'oranges pressées comme elle aimait.

Je concrétise l'invitation en posant véritablement la question. Même si ça vient d'elle, je suis un peu tendu car on ne sait jamais. Elle peut changer d'avis et je n'en ai pas envie. Je veux partager ce moment là avec Melody. Alors que pour la première fois depuis des années, nous échangeons un sourire, une voiture policière s'avance vers le parking. Un espèce de petit gros, donuts en bouche, est au volant. Tiens encore une lumière ! Nous voilà bien.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Dim 1 Mar - 3:39

C'est soudain, cette envie qui me prend de vouloir passer du temps avec lui. Est-ce ma mauvaise conscience qui me pousse à lui proposer ce petit déjeuner en tête à tête? Où est-ce pensé à ce que maman aurait dit de nous voir aussi amers l'un de l'autre? Avant son décès, elle s'était fait une mission de nous unir quoiqu'il advienne. S'il ne venait pas à mon ballet, elle me consolait et me persuadait de le pardonner. S'il oubliait mon anniversaire ou s'il ne pensait pas à venir me chercher après l'école, elle était là pour lui rappeler et faire en sorte qu'il sache se rattraper. Sans elle, mon père ne savait pas comment accomplir son rôle. D'une minute à l'autre, au moment où elle avait rendu son dernier souffle, il avait dût apprendre à élever une jeune fille en voie de devenir une adolescente. Heureusement pour lui, je ne fus pas une de ces enfants rebelles ou quoi que ce soit du genre. J'avais été une jeune adulte plutôt calme, organisée, soucieuse de ma réussite scolaire. D'autant plus, je ne courrais pas derrière les garçons. Bien que, je m'amusais de repenser à ces fois où il avait failli faire irruption dans ma chambre à des moments critiques de mon adolescence. Qui sait s'il aurait trouvé un garçon dans mon lit, de quelle façon Connor l'aurait fait sortir de la maison. Heureusement, il travaillait beaucoup ce qui me donnait beaucoup de temps seule pour faire les bêtises ordinaires de l'âge, mais surtout, l'occasion développer mon autonomie. Par rapport à l'accident, j'ajoute gentiment, une petite blague histoire de détendre l'atmosphère.

"Ma bicyclette, puis ma voiture, qui sait qu'est-ce que ce sera la prochaine fois... ils disent qu'avec l'âge, les facultés de conduite ne s'améliorent pas!"


Bien que je sois pressée de me rendre au travail, je ne voulais pas lui faire croire que je puisse moindrement agir comme il l'avait toujours fait. Ce matin, je n'allais pas faire passer le travail avant le reste. Aujourd'hui, nous soulignions la perte d'une femme extraordinaire et il nous fallait prendre le temps de s'arrêter pour l'honorer. Mes tripes se nouaient à la seule idée d'avoir fait la pire erreur de ma vie en l'invitant. Le voyant enthousiasmer par ma suggestion, je me promettais, que quoi qu'il advienne, je garderais mon sang-froid. Ça ne pouvait pas mal se terminer, non? Nous étions deux adultes maintenant, et j'espérais que la maturité aurait raison de nos différends.

Il fait quelques pas en ma direction, pour ma part, je ne bouge pas d'un chouia. Même si j'avais voulu, je crois que je commence à figer dans la glace. (Façon de parler) Il sourit, je m'attendris, mes épaules sont plus détendues. Mon travail m'habitue à ne pas laisser paraitre mes émotions, à être droite, ferme, inébranlable, pourtant, je suis loin d'être une personne aussi stoïque. Il me parle de ces dimanches matins où maman nous servait ses crêpes garnies de montagnes de fruits, de chantilly et de miel. Ce souvenir m'arrache un sourire, je hoche la tête, heureuse qu'il s'en rappelle. Les crêpes, c'était bien la seule façon que maman avait trouvée pour le garder à la maison les dimanches matins. On les dévorait sans même les avoir goutée, on en mangeait plus qu'on aurait dût, jusqu'à tant que nos ventres soient ronds et douloureux.

"Personne ne sait faire les crêpes comme maman les faisait!"

Ajoutais-je avant de regarder par-dessus mon épaule pour voir la voiture de police qui se stationnait. Le patrouilleur n'a pas l'air très enthousiasme de cette intervention matinale. Il prend soin de terminer son beignet avant de sortir de son véhicule de service. Je pose mon regard à nouveau sur mon père qui attend ma réponse, un léger sourire au coin des lèvres, je conclus.

"Il se trouve qu'un petit restaurant de crêpes vient d'ouvrir ses portes à quelques coins de rue, j'ai n'ai entendu que de bons commentaires!"


Le policier nous rejoint aussitôt, pas très vif, il dévisage le métal froissé de ma voiture avant de sortir un crayon de sa poche et de nous regarder, de nous saluer brièvement avant de commencer son rapport. Je lui explique la situation, Connor ajoute quelques détails et il s'apprête à nous laisser repartir alors que la remorqueuse se pointe à l'horizon. Je le remercie gentiment, c'est là qu'il se retourne, juste avant de s'en aller à sa voiture.

P : Strickland! Ce nom, ça me disait bien quelque chose! Connor Strickland, l'agent Strickland, oui! Et bien, on aura tout vu! Un agent du FBI qui fait régler ses papiers par la police municipale! Bon, aller, bonne journée! C'est les gars qui vont bien rire en entendant cette histoire!"


Il se retourne après cette moquerie déplacée qui, je l'avoue, m'a fait sourire. Mon père aurait pu s'occuper de tout ça lui même, je le savais tout aussi bien que lui. Pourquoi ne l'avait-il pas fait? Je n'oserais pas lui demander, du moins, pas avant notre repas. Je pince les lèvres et m'empêche de me moquer d'avantage, de suite, je nous ramène à l'ordre.

"Toujours partant pour les crêpes?"

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Lun 2 Mar - 21:04

Lorsque Melody m'explique qu'une crêperie vient d'ouvrir pas très loin d'ici et sûrement à l'entrée de la ville, j'accepte et lui offre un grand sourire. C'est bien le première fois que je souris comme ça depuis des années. Si bien que j'avais oublié ce que ça faisait de montrer toutes mes dents et de sentir l'air frais touché ma bouche de la sorte. L'idée de partager une crêpe avec ma fille me rend très heureux mais cela m'angoisse aussi énormément. Je ne sais pas si je vais arriver à faire la discussion correctement mais ce dont j'ai le plus peur, c'est qu'elle me reproche de nouveau de n'avoir jamais été là. Je ne saurai pas quoi dire et donc je vais me taire, je vais de nouveau être distant et je vais m'enfermer encore plus sur moi-même. Je sais que je ne dois pas penser à ça, qu'il y a de fortes chances pour que tout se passe bien. Malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de me demander quels sujets je dois impérativement éviter et ceux que je peux utiliser. Il ne faut pas que je la mettre dans un contexte de reproches afin d'éviter qu'elle m'en face car si c'est le cas, ça va être encore pire. Je vais être à cette table avec l'envie de disparaitre et pourtant l'impossibilité de fuir car il s'agit de ma fille et qu'elle mérite  un minimum de politesse et de respect. Elle qui doit penser que je l'ai souvent abandonné si elle savait au combien je l’aime et surtout le nombre de fois où j'ai fais en sorte qu'elle ne manque de rien. Malheureusement, elle a parfois manqué de ma présence et cela je n'y avais même pas pensé. Je pensais surtout à travailler pour ramener tout ce qu'elle pouvait désirer à la maison, j'étais le chevalier qui allait chercher dehors ce qui fallait pour faire plaisir à sa petite princesse. Elle ne le voyait pas comme ça et je ne m'en suis rendu compte que bien trop tard.

Je sais que je dois rester positif, tout va bien se passer. On va passer un bon moment et qui sait, cela va peut-être nous aider à l'avenir. Cette crêpe ne peut que nous rapprocher, je dois faire des efforts et me montrer plus proche d'elle, plus disponible. C'est difficile car j'ai peur qu'au premier pas de ma part, je me prenne une puissante droite de reproches en pleine poire. Je dois cependant combattre ma peur, ce n'est pas la première droite ni la dernière, il faut que je sois avenant et agréable. Je le sais, c'est capital, c'est tellement important pour l'avenir de notre relation mais également pour faire du présent, une chose plus douce. Ainsi je suis perdu dans mes pensées lorsque l'agent de police arrive sur les lieux. Il se présente et commence son boulot. Moi, je me contente d'expliquer comment j'ai fais pour rentrer dans le voiture de ma fille. Une fois que c'est fait, j'écoute Melody qui fait de même avec sa version des faits. Elle est si belle, je pourrai la regarder pendant des heures mais concrètement, je ne peux pas, ça serait fou de la fixer de la sorte. Ainsi je me concentre sur les voitures et sur la remorqueuse qui arrive pour récupérer la voiture de Melody. Sans doute une précaution de la part de son assurance. Je ne sais pas trop mais peu importe. Lorsque le policier me fait une remarque plutôt déplacée, je ne monte pas sur mes grands chevaux, au contraire. Je me contente de lui faire un sourire complètement faux et désigne le coin de ma bouche avec répétition. Lorsque le flic comprends qu'il a du sucre sur les lèvres et un peu partout d’ailleurs, il s'éloigne plus rapidement et surtout il ferme sa grande bouche. Moi, je suis amusé, je ne peux m'empêcher de rire.

Quelques minutes plus tard, la remorqueuse a embarqué l'Audi et j'invite Melody à se rendre à la crêperie avec ma voiture. Pour ce qui est du petit accident, je ferais les papiers qui vont avec le cas de la voiture de fonction dès mon retour au boulot. Pour l'instant, on peut très bien rouler comme ça sans aucun soucis. Ainsi et en suivant les indications de ma fille, on se retrouve rapidement sur le parking du restaurant. Je quitte la voiture et attends Melody pour avancer jusqu'à la porte.

- Je n'imaginais pas ce début de journée comme ça, c'est nettement plus agréable.

J'ouvre la porte à ma fille, comme par habitude et la suit ensuite à l'intérieur.

- On s'installe où tu veux.

Je remarque instantanément un jeune homme qui bloque des yeux sur ma fille. Il a l'air complètement sous le charme, je ne peux m'empêcher de sourire. Peut-être l'a-t-elle remarqué elle aussi. C'est assez drôle, ce serveur n'est pas du tout discret.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Jeu 5 Mar - 1:53

Mon père fait remarquer au policier qu'il devrait s'essuyer la bouche avant de rigoler en lui faisant un signe de la main. J'avoue, je suis assez ricaneuse et je pince les lèvres pour ne pas rire afin de rester professionnelle. En même temps, la remorqueuse arrive, la voiture serait inspectée et réparée cette semaine. En attendant, le concessionnaire me prêterait une de leurs voitures, à ma demande, il viendrait me la porter à mon travail cette après-midi. De cette façon, je n'aurai pas à prendre un taxi et m'absenter du travail pour y aller. Une fois assurée qu'on avait plus besoin de nous sur les lieux, je pose mon regard sur mon père. Il sourit, comme il ne l'a pas fait depuis si longtemps. Aussitôt, il me désigne sa voiture et m'invite à y monter. À bien y penser, je ne me rappelle même plus la dernière fois qu'il m'a conduite quelque part. Ça remonte à des années, voir même, à l'été avant que je quitte la maison pour aller étudier à l'université. Je m'installe du côté passager et ne manque pas l'avertir d'éviter de foncer dans quoi que ce soit. Je tiens à ma vie après tout. Il démarre et je lui fais un résumé du trajet qu'il doit emprunter. À mi-chemin, je m'excuse et lui demande s'il serait dérangé que je passe un coup de fil. Une fois que j'en ai la permission, je signale le numéro du bureau et joins ma secrétaire afin de m'assurer que je ne suis pas attendue. Comme escompté, le procureur a remis la rencontre à cette après-midi, elle a eu de la chance, elle a su lui téléphoner avant même qu'il ne remarque mon retard. Je suis soulagée, je tiens à ne pas prendre de mauvaise habitude, aujourd'hui, je me permets un délai exceptionnel. Habituellement, je suis au bureau dès 7h00 et je ne le quitte pas avant que j'aie tout fini. Accorder du temps à mon père signifiait que je partirais du travail bien après 19h00. Toutefois, je comptais bien ne pas faire les mêmes erreurs que lui, je lui en voulais pour avoir mis son boulot avant notre famille. Aujourd'hui soulignait la date du décès de maman et on devait affronté notre mésentente pour elle.

Moins de 10 minutes plus tard, il stationnait la voiture au coin de la crêperie en question. Je réglais un dernier détail avec ma secrétaire et rangeait mon téléphone au fond de mon sac après l'avoir éteint. Ni un ami, ni le travail ne viendraient déranger ce déjeuner. Il me devance, mais retient la porte pour moi, me laissant entrer avant lui. Au passage, je m'excuse d'avoir parlé si longtemps au téléphone et le remercies pour sa galanterie. Dans l'entrée, je commence à défaire la boutonnière de mon manteau.

"Pour une fois, sauver le monde peut attendre?"


Avais-je répondu avec un léger sourire. Il dit vrai, s'il n'y avait pas de dérapage, ce petit déjeuner en tête à tête sera très intéressant. À l'intérieur, j'en ai quelques papillons, un mélange d'appréhension et de nervosité. Et si on ne trouve rien à se dire? Si ça ne serre à rien? S'il ne fait ça que pour les apparences? On l'attend probablement au travail, il aurait un appel important et s'envolerait, se défilerait encore une fois? J'essaie de ne pas y penser et de me convaincre que ce n'est pas le cas cette fois-ci. Il m'offre de choisir notre place, je balaie rapidement la salle du regard et lui indique une petite table en retrait, près de la fenêtre.

"La table là-bas, près de la fenêtre?"


Lorsqu'on y est, j'accroche mon manteau sur la chaise. Aujourd'hui, je porte l'un de mes tailleurs les plus traditionnels, la coupe est droite, la silhouette féminine et sa couleur est d'un bleu presque marine. Bien évidemment, il est frais sortie du nettoyeur. Je ne tolère aucun faux pli! Doucement, je tire la chaise et fais un sourire à la serveuse qui vient nous demander si elle peut nous apporter quelque chose à boire. Je m'assois puis lui répond.

"Un café, noir s'il vous plait!"


Mon père fait son choix et la serveuse repart nous laissant dans un inconfortable silence. Automatiquement, mon regard se pose sur le plat contenant les sachets de sucres, de sels et de poivres. Ils sont mélangés les uns aux autres et j'ai irrémédiablement l'envie de les remettes en ordre. Enfin, ça n'a pas d'importance, je dois trouver quelques choses afin d'entamer une conversation. J'inspire un bon coup et me rappelle la question qu'il m'a posée ce matin.

"J'ai quelques grosses affaires en ce moment, en particulier, si on parle du côté pénal, j'ai un énorme procès en cours présentement, tu en as sans doute entendu parler : L'affaire Brentwood? Ce sont les pirates informatiques qui ont réussi à obtenir des informations de plusieurs de nos agences fédérales. Enfin, tu sais, les médias ne se sont pas laissé prier pour dépeindre l'affaire au grand public! Puis, dernièrement... nous avons eux des raisons de croire qu'il pourrait y avoir des fuites de données au niveau de certaines agences fédérales... Je ne peux pas en dire davantage encore, mais on pourrait être obligé de travailler ensemble d'ici quelques mois! Et toi, du nouveau?"


La plupart dès mes dossiers en cour était des affaires confidentielles desquels je devais éviter de m'étaler en public. Déjà, je lui en disais trop en lui parlant de nos enquêtes au niveau du FBI. Après quoi, il l'aurait su tôt ou tard considérant que nous allions bientôt commencer à faire des démarches d'investigations plus concrètes. De toute façon, un serveur venait nous interrompre pour nous demander si nous étions prêts à commander. Tout de suite? Je n'avais pas encore regardé le menu. Pressée, je fis rapidement mon choix en apercevant le menu du chef inscrit sur un tableau accroché derrière la caisse.

"Ce sera la crêpe française aux fruits frais, s'il vous plait!"


Il notait le tout sur son carnet puis fit une demi-volte pour regarder mon père.

S : Et pour monsieur, ce sera?

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Jeu 5 Mar - 11:48

Oui sauver le monde peut attendre et largement attendre même. J'ai tellement perdu de temps par le passé avec mes grosses affaires. J'ai délaissé ma famille et aujourd'hui ce que j'avais de plus cher n'est plus. Ma femme nous a quitté et ma fille a grandit, elle s'est éloignée, elle a fait sa vie. Moi je suis ce vieil ours qui vit tout seul. Cet homme qui s'installe toujours à la même place à table et cela depuis toujours. Autour de moi, les chaises sont vides. Celle de Sharon et celle de Melody sont bien rangées sous la table de bois. Je suis là tout seul chaque soir et j'ai tout le temps de penser à ce que j'avais, à ce que je n'ai plus et à ce que j'ai loupé. Ce petit moment volé avec ma fille est donc aussi inespéré qu'agréable. Il me donne envie d'y croire même si je sais que cela ne peut pas s'arranger du jour au lendemain. Melody et moi, ça fait des années que l'on s'est éloigné, des années que nous sommes devenus des étrangers. Pourtant c'est toujours ma fille et je l'aime éperdument. Ainsi, j'angoisse, j'ai peur que ce moment autour d'une crêpe ne se passe pas si bien. Nous venons à peine d'entrer et Melody vient de choisir la table qu'elle désire. J'avance donc vers cette dernière et dépose  mon manteau sur ma chaise. Je suis pas étonné de son choix. Déjà petite lorsque l'on sortait avec sa mère, elle aimait les tables près des fenêtres ou alors celles avec des banquettes moelleuses. Je vois que même si ma fille a changé et a évolué, il y a des choses qui n'ont pas bougés. Ce choix de table me donne un léger sourire et me renvoi des années en arrière. Lorsqu'elle avait ses petites tresses dans les cheveux et qu'elle grimpait sur la chaise comme on grimpe sur une montagne. Aujourd'hui, c'est une femme, une femme classe et gracieuse. Le temps est passé par là.

- Un double café noir, je vous remercie.

Voilà aussi un point commun, elle comme moi, on carbure à la caféine. Avec le boulot et les longues heures de travail, c'est le meilleur des alliés. En fait quand on y pense, aujourd'hui on se ressemble tellement que l'on peut très bien s'entendre. Malheureusement, notre passif rend les choses beaucoup plus compliquées. Malgré tout, je suis bien décidé à faire des efforts. Aucun coup de fil important ne me fera quitter cette table et la compagnie de celle que j'aime tant. Alors que je parcoure du regard la décoration de ce petit restaurant, ma fille lance un sujet que l'on a en commun. Elle me parle de ses affaires tout en restant assez distante sur le sujet. Elle ne doit pas trop en dire et je sais ce que c'est qu'être soumit au secret fédéral alors que pour elle, il s'agit du secret de l'instruction. Je comprends ce qu'elle vit. Je l'écoute attentivement et ne tarde pas à lui répondre alors que l'on nous apporte nos deux cafés encore fumant.

- J'ai entendu parler de l'affaire Brentwood, tu es je pense la bonne personne sur ce dossier. Indépendante et pointilleuse, tu vas assurer j'en suis certain. Puis je ne sais pas si on sera sur la même affaire car je vais bientôt commencer une infiltration. Si c'est le cas, ça sera avec plaisir mademoiselle l'assistance du procureur.

Le serveur arrive et ainsi je m'interromps de moi-même. Il prends la commande de Melody et se retourne de nouveau vers moi. On mangeait toujours les mêmes crêpes avec les mêmes garnitures le dimanche matin. Ainsi, je commande la même chose que ma fille mais avec un supplément miel. C'est mon coté gourmand et ça ne s'arrange pas avec l'âge. Le serveur s'éloigne enfin et lance la commande en cuisine. Je me retrouve de nouveau en tête à tête avec ma fille.

- Tu sais Melody, j'aimerai beaucoup travailler avec toi même si quelque part je serais un peu dépendant de tes volontés dans ce cas là. Je veux que tu saches que ça me posera pas de problème.

Je trouve ça important de lui préciser que je ne vois pas de mal à travailler avec son concours. Ça me rend même quelque peu fier. Oui, tout le bureau va savoir qui est ma fille et au combien elle a bien réussi sa vie professionnelle. J'en suis tellement content même si elle doit s'en foutre un peu de ce que je peux ressentir.

- T'as vu comment le serveur au bar te fais de l'oeil ?

Oui, je ne pouvais pas résister, c'est assez drôle car l'homme derrière le bar n'est pas du tout discret. Melody va sûrement jeter un oeil dans sa direction et il est même possible qu'il casse quelque chose ce maladroit.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Ven 6 Mar - 3:02

Tous les deux commandons la même chose, le même café, la même assiette, d'un sens, ça ne me surprend pas, nous gout ont toujours été semblable. Du moins, dans mon enfance, c'était plus une sorte de jeu pour moi. J'aimais faire comme mon père, car à l'époque, je devais en être carrément amoureuse. Il était mon roi et moi sa princesse. Pour sauver son pays, il devait s'absenter de longues heures afin de combattre les méchants pour que les rues soient sécuritaires pour tous les habitants de notre monde. C'est cette version chevaleresque de mon père qui avait fait de lui mon idole de jeunesse. D'autant plus, maman passait son temps à me raconter des histoires à son sujet, c'était sa façon à elle de combler le vide qu'il laissait en passant ses journées au travail. C'est seulement plus tard que j'ai réellement compris qu'est-ce qu'il faisait de ces longues heures d'absences. Puis, peu à peu, j'ai dû me dire que contrairement à la majorité des parents, lui préférait passer du temps au travail qu'avec nous. Même le départ de maman ne l'avait pas convaincue que notre temps ensemble était précieux. À cette pensée, j'avais baissé les yeux une fraction de seconde, pour qu'il ne voie pas, si jamais cela paraissait, une ombre de tristesse dans mon regard.

Ajoutant distraitement le lait et deux sachets de sucres à mon café, je l'écoute qui me parle de son travail. D'abord, il m'arrache un sourire lorsqu'il affirme que je dois être la personne idéale pour le dossier Brentwood. C'est rare qu'il soit aussi franc avec qui que ce soit. Je ne sais pas s'il tente de me lécher les bottes où si c'est un compliment. J'avoue vouloir croire qu'il puisse être fier de moi. Qu'importe! Il poursuit en prenant soin de me dire qu'il serait heureux de se plier à mes ordres. Enfin, il ne l'avait pas dit comme ça, mais pour le coup, y penser me fit sourire. Je n'aurais probablement pas trop de mal à lui faire comprendre qu'au boulot, notre lien familial ne lui apporterait aucune faveur. Puis, il le savait d'ores et déjà, je prend mon travail extrêmement au sérieux et pour moi, les nuances de gris se limitaient au blanc et au noir.

"Je n'ai pas entendu parler d'infiltration, du moins, pas dans le sens où tu l'engages papa! Tu infiltrerais quoi au juste?"


Probablement qu'il ne pourrait pas m'en dire plus à ce sujet, mais ma curiosité est un bien grand défaut. Qui plus ait, ce genre de mission comporte des risques considérables et j’espère qu'il soit honnête par rapport aux dangers de cette infiltration.

Dans un autre ordre d'idée, comme s'il avait une confidence à me faire, mon père appuie ses coudes sur la table et regardant fixement derrière moi, il me demande si j'ai remarqué que le serveur me fait de l'oeil. Aussitôt, je fronce les sourcils. Sérieusement! C'est gênant! Je saisis ma tasse de café et y boit une gorgée, mine de rien, en la reposant, je regarde par dessus mon épaule à la recherche de l'homme en question. Mon regard croise celui d'un homme à l'apparence soignée... pour un serveur. Son teint est légèrement balzane, ses cheveux sont noirs et il aborde une barbiche de quelques jours, je dirais même qu'il doit être d'origine latine. Sans plus, je rapporte mon attention sur mon père. Qu'est-ce qu'il veut? Est-ce un message subtil pour me faire comprendre qu'il serait temps que je me trouve un mec? S'il s'inquiète pour ma vie sexuelle, ça va ein! Pas besoin! Enfin, je ne vais quand même pas me mettre à fréquenter n'importe qui, ce serveur et moi n'avons probablement aucun point en commun. Il l'ignore probablement, mais je ne suis pas prête à m'engager dans une relation. En somme, mes dernières amouraches ont été des échecs monumentaux. D'abord, Thommas, un avocat de mon ancien bureau qui s'était amusé à me tromper avec sa secrétaire et après, Djamel, le PDG d'une compagnie d'informatique, dont la famille beaucoup trop religieuse m'avait fait comprendre que ça ne servait à rien d'essayer. Ça ne sert à rien d'y penser : je n'ai pas le temps pour des histoires d'amour!!

"Tu essaies de me faire comprendre que tu veux des petits enfants?"


Avais-je dit pour le taquiner avant de reprendre immédiatement sans lui laisser la chance de me donner une réponse.

"En fait, ça doit être l'effet Strickland... parce que la dame à la table là-bas, je crois qu'elle te regarde aussi, non?"

À vrai dire, la femme que je lui désignais devait avoir plus de 70 ans, rien n'indiquait qu'elle puisse l'avoir regardé, mais ça m'amusait de lui faire le coup. Jamais, depuis la mort de maman, mon père ne s'était permis d'aimer à nouveau. À vrai dire, il rencontrait probablement des femmes sans m'en parler. Probablement que s'il avait ramené une belle-mère à la maison, ça nous aurait encore plus éloignées l'un de l'autre. J'ai envie de lui demander mais en même temps, j'aime croire qu'il ne pourrait jamais aimer une autre femme que maman...

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Connor Strickland
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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Lun 9 Mar - 22:09

Oops j'ai l'impression d'en avoir un peu trop dit. Oui une infiltration, c'est en effet dangereux mais ce n'est pas ma première non plus. Bon je devrai peut-être penser à me ranger avec le temps qui passe et l'âge qui commence à se faire sentir. J'avoue que c'est pas très sérieux de me comporter comme si j'avais encore mes vingts printemps mais j'ai du mal à me dire que je dois m'éloigner du terrain. Moi, j'aime vivre mes enquêtes, progresser vers mon but, y mettre du mien et donner de ma personne. Je ne sais même pas si je suis capable de travailler autrement, de me contenter de la paperasse et de quelques interrogatoires au bureau. Je ne sais pas, je dois peut-être y réfléchir plus sérieusement. Oui c'est ça, je vais prendre le temps de me poser les bonnes questions sur mon avenir professionnel mais ça sera après cette infiltration. Elle est préparée depuis longtemps et même si je ne suis pas seul sur le coup, je peux pas tout abandonner après des mois de préparation. Ça ne se fait tout simplement pas, je peux pas faire capoter une enquête si approfondie pour des doutes de dernières minutes. Ma fille semble cependant inquiète et j'avoue que ça me force à me mettre de l'eau dans mon vin. Avec les années, j’ai changé et aujourd'hui je suis prêt à écouter et peut-être même à mettre en application son avis. Ça peut paraitre étonnant mais j'ai envie de faire de réels efforts pour la comprendre et surtout pour devenir meilleur. On ne peut pas changer le passé et on ne sait pas de quoi demain sera fait alors autant s'occuper avec soin du présent. En parlant de moment présent, je sais que je dois répondre à ma fille. Cependant je compte le faire de manière un petit peu plus discrète. Je ne dois pas en dire autant je sais bien mais il s'agit de ma fille ! J'ai déjà tout sacrifié pour le travail alors je pense qu'on peut me comprendre. C'est alors à voix un plus basse que je réponds à sa question.

- On doit infiltrer un groupe criminel de pirates informatiques. Je vais pas être en première ligne.

Oui j'aimerai pas qu'elle s'imagine que je vais camper le rôle du petit jeune, accroc aux ordinateurs et qui s'y connait un max. Non, ça serait pas trop crédible je dois bien le reconnaître. Je vais plutôt jouer son père et on verra comment les choses évolueront. Chassant maintenant le sujet de mon esprit, je regarde en coin le serveur du bar. Ce dernier est bien concentré sur Melody dès que cette dernière lui tourne le dos. Cela m'amuse mais je réalise également que ma petite fille est une femme. Oui bon certes, c'est pas nouveau non plus et je le sais depuis bien longtemps. Cependant être confronté à la réalité c'est tout autre chose et voir un homme perdre son latin devant ma fille, c'est une réalité bien efficace. Tellement efficace que je me prends un petit coup dans la tronche, je garde le sourire devant la réponse de ma fille. Melody avec un bébé ? Bon Dieu, j'y ai déjà pensé oui mais je ne sais pas, je me demande ce que cela pourrait bien donner. Ça me parait si loin et pourtant je sais que cela peut être demain. J'ai aucun doute sur les qualités de ma fille à devenir une maman. Elle sera comme sa mère, une maman exceptionnelle, j'en ai aucun doute. Alors que je m’apprête à expliquer à ma fille que je serais ravi le jour où cela arrivera, elle me lance une phrase à laquelle je ne m'attendais pas.

Cette phrase je ne l'analyse pas tellement et j'y réfléchis pas non plus. Si cela avait été le cas, j'aurai sûrement compris que ma fille plaisantait. Au lieu de ça, cette phrase me fait directement penser à Sharon. C'est peut-être incompréhensible pour certains d'entre-vous mais pour moi ma femme est toujours présente. Elle est la seule et l'unique, celle que j'aime encore et celle que je désirerai toujours. Je ne m'imagine pas m'approchant d'une autre que d'elle. Ainsi et cachant mes soudaines pensées je me retourne et remarque une dame assez âgée. Lorsque mon regard se retourne vers Melody, j'ai le sourire et je comprends qu'elle se fiche de moi. Ainsi je rigole et de bon coeur en plus, ça fait un bail que j'ai pas rigolé comme ça. J'ai l'impression que notre ancienne complicité n'est pas si loin et c'est tellement bon de se rendre compte de ce genre de chose. On partage des rires, des sourires et des regards qui ne sont plus ceux de deux étranges. Ce moment nous réussit bien.

- Tu m'as bien eu ! J'ai eu peur !

Alors que l'on plaisante, le serveur apporte nos crêpes. Je le remercie instantanément et dépose les yeux dans mon assiette. Punaise elle est belle, elle sent bon et elle est sûrement délicieuse. Je n'ai qu'une envie, dévorer cette crêpe là tout de suite. Oui mais voilà, avant j'aimerai dire quelque chose à ma fille. Elle s'en fiche sûrement car elle doit penser que c'est mon problème mais je ne sais pas, j'ai envie de lui confier ce que j'ai sur le coeur. Peut-être qu'elle me verra autrement, peut-être que ça nous aidera à nous connaître un peu mieux.

-  Plus sérieusement, tu sais, il y a qu'une seule femme dans ma vie, c'est ta mère. Elle nous a quitté trop tôt mais je reste son mari.

Le message est j'espère assez clair du moins on le devine à travers mes paroles. Je suis incapable de m'imaginer proche d'une autre. Ma Sharon est aujourd'hui encore, tout ce que j'ai et tout ce qui me fait vivre. Pour preuve ? J'ai toujours mon alliance. Suite à cette confidence, je coupe enfin un bout de ma crêpe et je commente aussitôt.

- Elle est bonne quand même. Tu aimes ?

Alors que ma fille va sûrement me répondre, on entends un vacarme énorme. Soudain la vaisselle dégringole derrière le bar. Je réalise qu'il s'agit du barman qui faisait de l'oeil en douce à Melody. Je me retourne, ne pouvant m'empêcher de rigoler cette fois-ci. L'homme semble un brin paniqué, il tente de ramasser les éclats de verre et son plateau. C'est vraiment la journée des bras cassés !

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Dim 15 Mar - 22:24

Au moins, il avait la conscience d'esprit de savoir qu'à son âge, il devait éviter la première ligne. Ce serait trop risqué et depuis le temps, la plupart des milieux criminels le connaissaient et pourraient l'identifier rapidement s'ils avaient le moindre doute. Sans doute, devrait-il envisager la retraite bientôt et penser à passer le flambeau aux plus jeunes? Probablement qu'il ne le ferait pas par lui-même, ses employeurs devraient le pousser jusqu'à la porte et peut-être même, faudrait-il que l'âge l'empêche d'accomplir son travail pour qu'il le réalise? L'agent Strickland avait consacré sa vie à son travail et comme le dit si bien l'expression : Il est difficile d'apprendre de nouveaux tours à un vieux chien. Je suis tout de même rassurée qu'il n'aille pas risquer sa vie sur le terrain. Malgré nos relations compliquées, il est la seule famille qu'il me reste et je ne lui souhaite aucun malheur. J'arrive même à le faire sourire en le taquinant avec cette vieille dame derrière lui. C'est agréablement étrange comme petit déjeuné, on se parle sans amertume et on pourrait dire que c'est naturel. Tout au fond, je sais que ce n'est qu'éphémère et qu'une fois sorti d'ici, on retrouverait chacun nos vies. Depuis tant d'années, plus rien ne réussissait à nous rapprocher et aujourd'hui, par tout hasard, le passé y parvenait le temps de ce repas.

Tout de suite après, le serveur s'approchait de nous avec les assiettes déposant une après l'autre nos crêpes généreusement garnies de fruits. Ça sent délicieusement bon et tenté par mon père, je demande au serveur de m'apporter aussi un peu de miel avant de le remercier avec politesse. Je prends ensuite ma fourchette et embroche une petite fraise que je porte à ma bouche. Mon père reprend la parole, il me parle comme s'il devait mettre les choses au clair avec moi. J'ignore s'il dit ça pour moi ou pour lui. Personnellement, s'il souhaitait se trouver une autre femme avec qui partager ses jours, je ne lui en voudrais pas. Maman n'aurait probablement pas voulu le voir rester seul. Après, j'avais du mal à m'imaginer qu'il pouvait s'être abstenu de tout contact féminin toutes ces années. N'avait-il pas des envies d'un peu d'amour? De sexe? Non! Ça ne m'intéresse pas de connaitre la vie sexuelle de mon père mais quand même, il devait vraiment aimer ma mère pour s'abstenir de rencontrer une autre femme. Comme si je ressentais le besoin de le rassurer sur ce sujet, je lui répondis.

"Je sais que tu aimais maman! Mais ça ne t'empêche pas de rencontrer d'autres femmes, ça pourrait même te faire du bien!"

Après le décès de maman, ça n'avait plus jamais été la même chose. On avait eu le temps de s'y préparer, entre l'annonce de son cancer et le jour où elle quittait ce monde, nous avions eu quelques mois. Avant son décès, maman me parlait tous les soirs de ce jour que nous redoutions et malgré mon jeune âge, j'avais fait preuve d'une grande maturité le moment venu. Mon père, comme toujours, se montrait fort devant moi, mais il allait sans savoir que je l'avais vu ou entendu pleurer l'absence de Sharon à plusieurs reprises. À l'époque, son travail lui servait de refuge et il multipliait les heures pour s'éloigner de ses souvenirs. En même temps et involontairement, il avait lentement creusé un fossé entre nous.

Je prenais une seconde bouchée de ma crêpe y ajoutant même un peu de miel. Comme mon père, j'ai la dent sucrée et depuis que j'ai quitté l'enfance, je ne me le permets que très rarement. Comme il me demande si c'est à mon goût, je hoche le menton une fois avant qu'une cacophonie d'assiettes qui s'éclatent au sol nous fasse sursauter. C'est le serveur maladroit de tout à l'heure qui est maintenant très embarrassé. Pour ne pas le gêner davantage, je rapporte mon attention sur mon père.

"Tu n'aimerais pas rencontrer quelqu'un?"


Soit je continuais sur cette lancée ou bien je recommençais à lui parler du travail.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Lun 23 Mar - 22:57

Ce que me dit Melody me fait forcément réfléchir. Sur plusieurs points mais sur un avant-tout et peut-être pas le plus évident de tous. Si elle se soucie de ma vie sentimentale et surtout en l'occurence de ma solitude, c'est qu'elle se soucie de ce que je deviens. Elle qui est pourtant très attachée à sa mère et surtout à la famille que l'on formait, ça doit pas être une chose simple d'imaginer son père aux bras d'une autre femme. Oui, je ne peux pas croire qu'il est naturel pour un enfant d'accepter un étranger auprès de l'un de nos parents. Bien-sur on peut dire qu'avec l'évolution de la société et le temps qui passe, ces choses là deviennent acceptables. Oui peut-être, sûrement même mais je trouve que Melody fait tout de même preuve d'une grande ouverture d'esprit. Sa maman lui a été enlevé par la maladie alors qu'elle était encore qu'une toute petite fille, son papa c'est avant-tout le compagnon de sa mère. Ainsi si aujourd'hui j'étais avec une autre, qu'est ce qu'il resterait de notre ancienne famille ? Certes demeurer dans les pensées et les souvenirs ne fera pas revenir ma Sharon mais cela entretien cependant sa mémoire. Sa mémoire et le souvenir de la famille que l'on était, de ce petit groupe qui affrontait la vie ensemble. Ce petit groupe qui n'est rien de plus que Sharon, Melody et moi. Alors oui je me dis que quelque part ma fille se préoccupe de moi si elle me demande ce qu'il en est de ma vie amoureuse. Elle ne s'en fiche pas complètement de ce que je peux devenir tout seul dans notre grande maison.

Je ne peux pas rester de marbre à cette attention qu'elle me porte mais je regrette de n'avoir rien à lui raconter. C'est vrai, on peut pas dire que je fuis les femmes mais je ne vais pas non plus forcément vers ces dernières. Je fais ma petite vie, je suis ma routine, je travaille beaucoup et le soir je rentre à la maison. Je traîne dans la cuisine, je regarde le début d'un film sur le canapé et je file me coucher dans mon lit éternellement vide. Pourtant faut que je fasse un effort, il faut que je trouve quelque chose à raconter à Melody. Même si c'est anecdotique, je dois fouiller dans mes neurones. Je recherche la dernière fois que j'ai discuté assez longuement avec une femme. Mis à part dans des situations relevant du travail, rien ne me viens à l'esprit. Il y a bien cette femme qui fait la caisse à l'épicerie où je fais mes courses. Elle me fait toujours la conversation et semble plutôt gênée lorsque je la regarde pour lui répondre. Pour ma part, je reste cordiale mais c'est une des rares personnes, qui je le sens, s’intéresse véritablement à moi. Maintenant que je fais rapidement le résumé des femmes dans ma vie, je me rends compte de l'immense vide qui subsiste. C'est pourtant pas près de changer, je ne me vois pas accorder la présence d'une inconnue auprès de moi. J'ai comme peur qu'elle prenne trop de place là où il y a encore ma Sharon. C'est difficile à expliquer et encore plus difficile à dire à sa propre fille.

En plus de tout ça, je fais de considérables efforts pour me confier sur moi-même. Devant le psy du bureau, je ronchonne à parler. Même à moi-même, j'ai du mal à m'avouer les choses. Malgré tout si il y a bien quelqu'un pour qui je peux faire des efforts, c'est bien ma fille. Je l'ai tellement mise de coté lorsqu'elle était encore si jeune. Mon travail passait avant tout. Aujourd'hui il est hors de question que mon coté vieil ours passe encore devant ma si jolie petite fille. Oui, je sais qu'elle est grande aujourd'hui. C'est quand même ma petite fille, son beau visage et ses cheveux de princesse n'ont pas changés.

- Parfois je me dis que simplement discuter avec une femme me ferait du bien.

Alors que je suis pensif, j'avale une gorgée tiède de mon café et pique ensuite dans une fraise. Le regard vers Melody, je continue de parler en essayant de m'expliquer au mieux.

- J'ai peur de ne plus trouver assez de temps pour Sharon après ça. Je me dis que forcément je m'éloignerai d'elle et ça, je peux pas.

Alors que je mange un kiwi enveloppé dans un morceau de crêpe fondante, je réalise que je viens de me confier de manière terriblement sincère. Peut-être le plus sincèrement de ma vie tout entière d'ailleurs. Le psy du bureau serait à coup sur jaloux de ma fille à cet instant. Je viens de sortir une phrase que j'avais du mal à dire à ma propre personne. Mon étonnement se voit dans mon regard. Je ne sais pas trop quoi ajouter, j'ai juste hâte d'avoir l'avis de Melody sur cette si surprenante confidence.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Dim 5 Avr - 4:12

On ne pourra jamais forcer un coeur à aimer et encore moins lorsqu'il a été briser une dizaine d'années plus tôt. Mon père porte la mort de ma mère comme une cicatrice douloureuse, ou une blessure encore fraiche que chaque souvenir vient raviver. De mon côté, j'ai fait mon deuil depuis longtemps. Il n'y a pas un jour où je n'aurai pas aimé l'avoir avec moi que ce soit que pour me réconforter, pour me rassurer et me soutenir. Toutefois, je sais qu'avec une mère, je ne serais jamais devenue la femme que je suis aujourd'hui. Après le décès de Sharon, j'ai dût apprendre à prendre sur moi, à être forte et à faire mon chemin seule dans la vie pendant que mon père était occupé au travail. Je n'avais eu l'aide de personne pour passer au travers de mon adolescence. Si cette période de la vie représentait un grand bouleversement physique et mental chez chacun d'entre nous, j'y avais acquis une maturité hors du commun. Aussi bien que mon trajet jusqu'à la faculté de droit était tracé dans les moindres détails. Depuis, je ne me rappelle pas avoir vécu pour autre chose que mon travail. Ironiquement, le travail! C'est bien ce qui m'a éloignée de mon père toute ma vie. Peut-être est-ce notre dernier point commun?

Dans son regard, on peut lire la douleur du passé. Un sourire compatissant déguise mes lèvres et je le laisse réfléchir à ma suggestion. Pendant ce temps, mes doigts jouent de façon systémique avec les petits sachets de sucres. Je les replace en ordre. C'est ridicule, je sais, mais ça m'agace depuis notre arrivée. Quand il reprend la parole, je m'arrête et le regarde. Il m'avoue qu'il ne refuserait pas d'échanger avec une femme. Je n’en ai aucune à lui proposer, aucune de son âge du moins... et de toute façon, je ne souhaite pas voir mon père dans les bras d'une de mes copines. Encore vaut mieux qu'elle soit célibataire!

Connor poursuit en disant craindre de ne plus avoir assez de temps à consacrer à ma mère. Je fronce les sourcils me demandant qu'est-ce qu'il veut dire par là. Littéralement, elle repose 6 pieds sous terre, elle n'est pas très exigeante à ce niveau. Passe-t-il à ce point de temps à se morfondre au sujet de ma mère?

"On ne peut pas être plus loin d'elle qu'on ne l'est déjà Connor... elle est morte!"


Lui répondis-je un peu trop sévèrement, mais j'avais l'impression qu'il devait l'entendre. Ne voulant pas lui laissez un gout amer au fond de la bouche, je dépose ma fourchette, cherchant les mots pour reprendre mes propos moins froidement.

"Tu sais très bien que ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu, que tu restes seul... et tu n'as pas besoin de te torturer avec son absence, parce que c'est normal, qu'avec le temps, que la douleur diminue et s'estompe... et ce n'est pas parce que la douleur disparait que tes souvenirs le feront avec elle, et ce n'est pas parce que tu décide de ne plus souffrir qu'ils t'échapperont... Je dis ça, parce que t'accrocher au passé, ça ne sert à rien... chaque jour que tu passes à attendre, c'est un jour que tu perds papa..."

J'ignore s'il comprendrait là ou je souhaitais en venir. Au fond qui suis-je pour lui parler ainsi? Certainement pas son psy! Mais j'ose croire que c'est quelque chose que maman lui aurait dit. Qu'il puisse enfin passer à autre chose! Que lui arriverait-il si un jour il m'arrivait malheur? Aurait-il une épaule pour le soutenir?

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mar 5 Mai - 11:45

Bien-sur je sais que ma fille a raison. Tout ce qu'elle me dit sonne comme des vérités que l'on affiche au marqueur noir sur un immense mur blanc. Ses mots sont sincères et ils sont destinés à faire mon bonheur. Elle cherche sans doute à me montrer la voie. Cette voie que je dois apparement arpenter pour retrouver le goût des choses et de la vie. Je ne pense pas avoir perdu le goût à quoique ce soit mais c'est vrai que je ne suis plus heureux d'être en week-end ni même d'avoir un jour de repos comme cela pouvait être le cas auparavant. Aujourd'hui ma vie se résume à mon travail et le reste du temps, je m'accorde des parties de pêche ou des soirées télévision. Ma vie ressemble à celle que j'ai décidé de vivre, je ne me sens pas si triste mais je n'imagine pas être heureux pour autant. Comment vous dire ? C'est pas que je suis lassé ni même que je n'ai envie de rien. C'est juste que je ne m'imagine pas faire autre chose que ce que je fais aujourd'hui. J'estime que c'est la vie que je mérite, pleine de solitude certes mais la vie que je mérite quand même. Ma femme n'est plus et je suis plus très proche de ma fille alors je vis comme je l'entends, de manière douce et tranquille sans rien attendre d'incroyable du lendemain. C'est pas comme si j'avais 20 ans et toute la vie devant moi. Les années ont passés, je suis un homme qui a du vécu et mon quotidien me convient.

Je peux tout à faire comprendre ce que me dis Melody aujourd'hui. Je suis même touché de voir que finalement mon triste sort l’intéresse un petit peu. Rien que cela me suffit. Une journée comme celle que l'on partage rend cette semaine incroyable pour moi. Ces petites choses inattendues sont nouvelles pour moi et j'estime que c'est déjà un grand changement. Si je peux déjà être plus proche de ma fille, c'est déjà un grand pas pour moi. Peu importe si je passe le reste du temps au travail ou avec ma canne à pêche sur les rebords du Crystal Crater Lake. La présence de ma fille est une nouveauté très agréable et elle me donne envie de faire plein de choses. Notamment de me soucier un peu plus de ma personne. Certes je vais pas changer du jour au lendemain et devenir un homme tout nouveau mais au moins j'avance petit à petit. Certes Melody parle un peu sèchement, elle me rappelle que Sharon est morte et le tout sans prendre de pincettes. Sans doute désire-t-elle me voir réagir. C'est vrai que vu de l'extérieur, on peut croire que je me laisse volontairement coulé depuis le décès de ma femme. C'est pas tout à fait le cas, c'est juste que j'ai pas d'énergie à dépenser pour aller  vers de nouveaux horizons et surtout de nouvelles femmes. C'est peut-être bizarre pour vous mais je  ne me vois pas m'approcher d'une autre, c'est comme une trahison pour moi. J'ai beau savoir que c'est dans la logique des choses, je me dis que tout cela ne s'applique pas à moi.

- Je sais bien et je te remercie Melody.

J'ajoute quelques mots, avale une bonne gorgée de café et je regarde lentement ma fille. Attrapant une fraise du bout de ma fourchette, j'hésite à m'expliquer mais finalement je me décide à le faire. Je sais pas si elle peut me comprendre mais je me dis que la sincérité est une bonne chose. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas pu discuter avec Melody. Surtout de cette manière c'est à dire de façon calme et posée. Je ne l'espérais plus alors c'est pas maintenant que je vais me taire, je me dois de m'expliquer clairement.

- Je comprends ce que tu me dis et tu as raison, c'est juste difficile à mettre en pratique parfois... Entre savoir les choses et les réaliser, y'a un pas et j'ai parfois du mal à faire ce pas. Pour plein de raisons différentes. Enfin...

Comme une conclusion, je mange un nouveau morceau de crêpe sucré et jète un regard au décor de la crêperie. Finalement je me concentre de nouveau sur ma fille et lui confie mes pensées.

- Si on m'avait dit il y a des mois de ça que je serais en tête à tête avec toi autour d'un café, je crois bien que je ne l'aurai pas cru.

C'est vrai, ce moment est précieux pour moi. Il est surtout inespéré et c'est ça qui le rend si magique. J'apprécie ce cadeau mais je confie également ma surprise et mon contentement à Melody.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Ven 5 Juin - 5:22

Peut-être qu'au fond, pour lui, c'est plus difficile que pour moi. Maman, je la connais. Par contre, la majorité des mes souvenirs sont de vagues mémoires de mon enfance. J'ai maintenant vécue plus que la moitié de ma vie sans elle alors que lui, il la connaissait depuis si longtemps. Je baisse le regard sur mon café et y agite la petite cuillère, un léger sourire au bord des lèvres. Je repenses à maman et à comment elle était avec papa, jamais elle ne lui reprochait quoi que ce soit. En fait, je ne me rappelles pas un soir où elle ne l'accueillait pas avec un sourire, un baiser et un repas chaud sur la table. Tout cela, malgré qu'il puisse être largement en retard pour le diner. Je décides de ne pas pousser la note, il n'est pas prêt à sauter le pas, il a besoin de temps encore et qui sait, peut-être ne s'en remettrait-il jamais? Pour ma part, je n'ajouterais rien au sujet, maintenant qu'il connaissait mon avis sur la question, il déciderait lui même de la suite des choses.

Il m'avoue qu'il ne s'attendait pas à déjeuner avec moi de ci-tôt. Mon regard passe du liquide noir aux iris bleutés de l'homme, je hausses les sourcils involontairement. Ça m'amuse et m'attriste en même temps, je sais que ce n'est qu'une trêve temporaire, que cette harmonie de pourra pas durée et que tous les deux, on retournera à nos occupations.

"Mon non plus..."

Répondis-je avant de porter mon café à mes lèvres. D'ailleurs, mon regard fuit vers l'horloge sur laquelle le temps avance considérablement. J'espère que mon véhicule sera en état de roulé avant midi mais je commences à croire qu'appeler un taxi serait la meilleure façon de me rendre à mon boulot. J'ai terminé mon repas, l'assiette est encore à moitié pleine, c'est rare que l'appétit soit au rendez-vous à cette heure matinale. Je ne me souviens même pas la dernière fois où j'ai pris le temps de savourer un petit-déjeuné. Habituellement, mon corps carbure à la caféine et aux breuvages protéinées jusqu'à 14h00 ou 16h00, voir toute la journée. Si physiquement, je ressembles à ma mère, je n'ai pas hérité de son talent de cuisinière. Nullement douée avec les aliments, je me nourris essentiellement dans les restaurants de la ville, non pas de vulgaire fast-food, je tiens quand même à garder ma ligne. Déposant ma tasse, je reculais ma chaise avant de me lever, laissant mon sac accroché au dossier.

"Je vais à la salle de bain... je reviens!"


L'informais-je avant de le laisser à lui-même quelques minutes. En chemin, j'en profitais pour consulter ma messagerie et mes courriels. Au retour, je composais le numéro de la compagnie de taxi pour qu'on vienne me chercher d'ici une quinzaine de minutes. Je ne peux plus tarder, je suis assez en retard et si je ne me défiles pas, j'aurais l'impression de lui poser un lapin. Avant de me rassoir, je ranges mon téléphone dans mon sac à main et souris gentiment à mon père.

"Il faudra planifier revenir d'ici quelques semaines..."


Lui proposais-je avec peu d'espoir que ça se réalise concrètement. Peut-être est-ce qu'aujourd'hui est le début d'une nouvelle tradition familiale? Uniquement le futur saura nous dire!

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Mer 10 Juin - 20:00

Ma fille semble aussi étonné que moi. C'est vrai qu'en temps normal, nos courtes discussions tournent facilement aux règlements de compte et aux échanges de reproches. Enfin, c'est surtout elle qui parfois me reproche notre passé et également mon manque de présence en ces temps-là. Je ne peux pas lui en vouloir, tout ce qu'elle me reproche est tellement vrai et tellement mérité. Ainsi parler simplement et calmement avec Melody, c'est déjà une magnifique victoire à mes yeux. Cela faisait si longtemps que j’espérais un moment comme celui-là. Le temps passait et semblait m'éloigner encore plus de ma fille. Plus les mois filaient et plus je pensais ne jamais pouvoir discuter platement avec elle. Aujourd'hui, cette rencontre inattendue au cimetière nous as rapproché. Au départ, c'était plutôt mal barré mais je ne sais pas, le contexte s'est adoucie et on s'est retrouvé à cette table. On partage une crêpe et un café, cela fait une éternité que je n'avais pas eu ma fille en face de moi à table. Dire que c'était toujours le cas lorsqu'elle était toute petite. C'est tellement différent aujourd'hui mais tellement appréciable également. Elle est aussi belle que sa mère, peut-être même encore plus belle que Sharon. Elle a une classe naturelle et ses petites manières lui donnent un charme incroyable. Lorsque je la regarde, je ne peux m'empêcher d'être le père le plus heureux. J'ai apparement pas été le père idéal mais par contre elle, elle est devenue la femme parfaite. Elle est équilibrée, respectueuse et particulièrement talentueuse. Je ne pouvais espérer mieux pour elle. Je profite de ce moment comme si c'était un cadeau rare et précieux et au fond, je pense vraiment que c'est un cadeau du ciel. Ma fille comme moi, on ne pensait plus être capable de faire ça un jour et pourtant aujourd'hui, le temps s'est un peu arrêté pour me permettre d'échanger avec elle. On a certes parlé de banalités, on s'est souvenu du passé aussi mais on était là, ensemble.

Alors qu'elle se retire, je termine mon café et fait signe au serveur de m'apporter la note. Je souhaite quand même l'inviter cela me parait normal, je suis son père. Cependant nos relations étant compliquées, j'ai peur qu'elle refuse. Je préfère prendre les devants, tant pis si elle ronchonne un peu à son retour. C'est important pour moi de payer cette crêpe partagée et je donne ma carte bleue au serveur sans même regarder la note. Je fais mon code dans la minute et m'attèle à terminer ma crêpe. Contrairement à Melody qui a un appétit de moineau depuis toute petite, j’aime terminer mes plats. J'ai été élevé comme ça et en plus de ça, ma femme était un véritable cordon bleu, j'ai donc pas perdu la bonne habitude de terminer mes assiettes. Instinctivement, je regarde l'heure à ma montre et me rends compte que notre petit instant père-fille se termine. Ma fille ne va pas tarder à revenir et nous allons chacun reprendre nos petites habitudes. J'espère juste que cette parenthèse ne sera pas unique et qu'elle se reproduira. C'est mon plus grand souhait à ce moment, que je puisse de nouveau m'installer face à ma fille. Ça serait juste une chose incroyable, cela voudrait dire que nos rapports évoluent et que peut-être je vais pouvoir me rapprocher d'elle. Alors que je suis plein d'espoirs pour notre futur en commun, Melody revient vers moi. Elle s'approche de notre table et me confie son souhait de revenir d'ici quelques semaines. Malgré moi, j'ai du sourire comme un enfant. C'est tellement inattendu que je ne cherche pas à cacher ma surprise et mon bonheur. Cependant je me reprends aussitôt dans un regard plus calme. Je me décide à ajouter quelques mots, histoire de pas rester l'air con avec le sourire aux oreilles.

- Oui, je t'appellerai Melody. On se fera ça un petit peu plus souvent.

Je lui confirme mon envie de la revoir et mon regard ne peut que me trahir. Je suis juste spécialement heureux de cette idée. Un véritable échantillon de bonheur dans ma vie rythmée par le travail et les affaires fédérales.

- Tu veux que je te raccompagne au boulot ?

Oui c'est vrai, je prend aussi la direction de Woodbury Center alors autant demander à ma fille si elle a besoin que je l'accompagne. On file chacun de notre coté à notre bureau alors on peut toujours faire ça ensemble. Enfin si elle n'a rien prévu d'autre et surtout si elle en a envie. Je ne le prendrai pas mal si elle ne veut pas. Je veux juste lui donner un petit coup de main après tout c'est moi l'idiot qui ait fracassé sa voiture.

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MessageSujet: Re: Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /   Aujourd'hui à 19:47

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Les tristes anniversaires / Avec Melody Strickland /

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